Un nouveau procès s’ouvre contre Navalny, qui risque jusqu’à 10 ans de prison

Le leader de l’opposition a embrassé son épouse, Ioulia, qui a finalement été autorisée à assister à l’audience après avoir critiqué la «lâcheté» du Kremlin sur les médias sociaux.

Un tribunal russe a entamé mardi l’examen d’une nouvelle affaire concernant le principal opposant au Kremlin, Alexei Navalny, qui a déjà été emprisonné pendant plus d’un an dans une affaire de fraude et risque jusqu’à dix ans de prison supplémentaires.

Navalny est apparu dans une salle d’audience de sa prison, à une centaine de kilomètres de Moscou, vêtu de son uniforme de prisonnier et rasé, avec ses avocats et entouré de plusieurs gardes. Il a étreint sa femme Yulia Navalnaya pendant une pause technique au début de l’audience due à un problème de son. Quelques heures plus tôt, elle avait critiqué la «lâcheté» du Kremlin, qualifiant d'»illégales» et de «malhonnêtes» les nouvelles accusations contre son mari, dans un message publié sur son profil Instagram.

M. Navalny, 45 ans, a déjà été condamné à deux ans et demi de prison en février 2021 dans une affaire de fraude qu’il estime motivée par des considérations politiques et «truquée».

Le militant anticorruption purge actuellement sa peine dans une colonie pénitentiaire à Pokrov, à 100 km à l’est de Moscou. C’est depuis cette prison que se tient le procès qui s’est ouvert mardi, une démarche exceptionnelle dénoncée par les partisans de l’opposant et par Navalny lui-même.

«Je n’ai pas encore été reconnu coupable, mais on me présente en uniforme de prison (…), de sorte qu’une grand-mère qui regarde la télévision pense que je suis de toute façon déjà en prison», a-t-il protesté. «Je veux être jugé comme un zek ordinaire !» a-t-il poursuivi, en utilisant le terme utilisé pour désigner les prisonniers dans les goulags soviétiques.

Ses avocats ont demandé à Navalny de porter des vêtements civils et que l’audience soit ajournée et déplacée vers un tribunal de la capitale russe, mais ces demandes ont été rejetées par la juge Margarita Kotova.

Dans ce nouveau procès, Alexei Navalny est accusé d’avoir détourné plus de 4,7 millions de dollars de dons versés à ses organisations, des charges passibles de 10 ans de prison. M. Navalny risque également jusqu’à six mois de prison pour outrage à la cour lors d’une de ses audiences l’année dernière. Les deux affaires sont jugées dans le même procès.

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